Le Flûteau nageant a été découvert sur la commune de Saint-Sever-Calvados. Cette plante protégée en France et quasi-menacée en Basse-Normandie n'avait pas été observée depuis 1923 dans le département du Calvados...
 

Mais quelle est donc cette plante ?

Le Flûteau nageant (Luronium natans) est une plante aquatique à amphibie. Elle se développe dans les eaux, pauvres ou moyennement riches en éléments nutritifs, légèrement acides ou calcaires. Elle n’apprécie en revanche pas les eaux trop acides ou trop calcaires, ni les eaux saumâtres.

Elle participe à divers cortèges d’herbiers aquatiques des eaux stagnantes ou faiblement courantes, peu profondes, en bordure des étangs, des grandes mares, des cours d'eau et parfois aussi, dans les canaux et fossés des marais.

C'est une plante qui bénéficie d'une protection nationale. Elle est également inscrite à la directive européenne Habitats Faune Flore.

Un peu d'étymologie • Dans son nom latin, le mot "natans", tiré du latin "natare" signifie nager. Il fait référence aux feuilles flottantes du Flûteau nageant.

 

Une nouvelle découverte pour le Calvados

Le Flûteau nageant n'avait pas été observé dans le département depuis 1923 sur la commune de Vire. Dans le cadre de la mission d'inventaire des zones humides du bassin versant de la Vire, le 18 juillet dernier, Marie Goret et Timothée Prey du Conservatoire botanique national de Brest ont découvert une station sur la commune de Saint-Sever-Calvados.

Les températures élevées additionnées aux faibles précipitations estivales ont permis cette année un développement assez remarquable des végétations de berges exondées. C'est sur ce type de milieu que l'espèce a été recensée sur environ 200 mètres linéaires de berge. La plante y forme une population très dense ne laissant de place qu'à quelques Callitriche à crochets (Callitriche hamulata), Ecuelle d’eau (Hydrocotyle vulgaris) et Jonc bulbeux (Juncus bulbosus).

Malheureusement, ce ne fut pas la seule découverte de la journée. Quelques stations (encore de petite taille...) de Crassule de Helms (Crassula helmsii), une espèce exotique envahissante, ont également été observées... C'est d'ailleurs une menace importante pesant sur cette très belle population de Flûteau nageant. Des actions de gestion doivent être engagées rapidement sur ces petits foyers de Crassule de Helms afin de garantir la pérennité de l’unique station calvadosienne de Flûteau nageant connue à l'heure actuelle !
 

Contact

Timothée Prey
Conservatoire botanique national de Brest
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0972412950

En septembre, 20 botanistes du réseau du Conservatoire se sont retrouvés sur la Grande île de l'Archipel de Chausey pour une excursion botanique afin de recenser et mieux connaître les plantes de ce territoire ; et ce dès le pied à terre à la sortie du bateau !

Qu'ont-ils observé ?

  • La belle Spiranthe d'automne (Spiranthes spiralis), cette orchidée semble en expansion dans la région Normandie.
  • Les prés salés avec un bon nombre de plantes rares comme la Salicorne vivace (Arthrocnemum perenne), la Zostère marine (Zostera marina), la Soude vraie (Suaeda vera)...
  • Du côté des dunes, il y avait l'Oeillet de France (Dianthus gallicus) et la seule station bas-normande du Géranium sanguin (Geranium sanguineum).
  • Et pour finir sur les falaises rocheuses en bord de mer, ils ont découvert 2 fougères typiques de ces milieux : la Doradille marine (Asplenium marinum) et la Doradille lancéolée (Asplenium obovatum subsp. billotii).


Photos : Thomas Bousquet (CBN de Brest)

Les prochaines sorties du réseau

Chaque année, le Conservatoire botanique national de Brest publie un programme de sorties pour la flore vasculaire dédié à son réseau de correspondants bénévoles.

A venir :

  • 7 décembre : Angers en Maine-et-Loire

L’UMS PatriNat rédige actuellement une méthodologie nationale d'évaluation de l'état de conservation des habitats d’intérêt communautaire de landes humides à l'échelle des sites Natura 2000. Le Conservatoire botanique a accueilli les rédactrices afin de tester la méthode sur le terrain.

Objectifs de l'évaluation nationale des landes humides

  • Permettre aux gestionnaires d'espaces naturels d’orienter leurs actions de gestion en faveur de ces habitats.
  • Recueillir les informations nécessaires au suivi de leur état de conservation à l’échelle européenne.

Des tests armoricains

Cet été, les rédactrices (Margaux Mistarz et Lisa Grivel) sont venues en Bretagne et en Normandie afin de rencontrer les acteurs locaux travaillant sur ces milieux, dont le Conservatoire botanique national de Brest. Il s'agissait de présenter la méthode et de la tester sur le terrain.

Le Conservatoire les a ainsi accompagnées sur 4 sites représentatifs du Massif armoricain :

  • tourbière de Langazel (Finistère),
  • landes et tourbières du Vénec (Finistère),
  • Tertre Bizet (Orne),
  • landes de Lessay (Manche).

La présence des opérateurs Natura 2000 et des gestionnaires a permis d'avoir des échanges concrets sur les landes (caractérisation, historique de la gestion, avis d'expert sur l'état de conservation des parcelles visitées, espèces animales et végétales présentes) afin de caler au mieux la méthode sur la réalité de terrain.

Cette méthode est également testée dans d’autres régions de France où les conservatoires botaniques nationaux sont également mis à contribution.

Qu'est-ce que l'UMS Patrinat ?

Créée en janvier 2017, l’Unité mixte de service Patrimoine naturel (UMS PatriNat) assure des missions d’expertise et de gestion des connaissances pour ses trois tutelles, que sont l’Agence française pour la biodiversité (AFB), le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
L’évaluation de l’état de conservation dans les sites Natura 2000 étant une obligation dans le droit français, pour faciliter le travail des opérateurs et permettre une future comparaison et mutualisation des données entre les sites, l'UMS PatriNat a été chargée par le ministère en charge de l’Ecologie, de mettre en place des méthodes standardisées au niveau de la France métropolitaine pour évaluer l’état de conservation de tous les habitats d’intérêt communautaire. Elle est ainsi garante de l’homogénéité des méthodes liées à l’application en France de la directive européenne Habitats-Faune-Flore.

En savoir +

Contact

Margaux Mistarz
Chargée de mission "Surveillance des habitats humides"
Muséum national d'histoire naturelle - UMS PatriNat
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Le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest et le Jardin des plantes de Nantes viennent de procéder pour la 2ème fois à la réintroduction de la Marsilée à quatre feuilles, une espèce protégée et en voie de disparition en Pays de la Loire.

Une petite fougère aquatique en voie de disparition

La Marsilée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia L. ) est une petite fougère aux allures de trèfle à quatre feuilles de la famille des Marsileacées. Elle apprécie les variations d'eau et vit dans la région principalement à proximité des bords de Loire. Historiquement bien représentée dans l’ensemble de la vallée, elle a vu ses populations fortement chuter au cours du 20e siècle. En cause : les modifications du système fluvial et de la qualité de l'eau ainsi que la compétition avec des espèces exotiques qui envahissent son habitat naturel.

Aujourd'hui, on ne la connait plus que sur deux localités en pays de la Loire, ce qui fait d’elle une espèce classée "en danger critique de disparition". C’est à partir de ce constat de très grande vulnérabilité que le Conservatoire botanique national de Brest a rédigé en 2008 un Plan régional de conservation qui lui est dédié. Il collabore ainsi avec le Jardin des plantes de Nantes et le Conservatoire des espaces naturels pour préserver cette espèce emblématique de la vallée de la Loire à travers des suivis, la recherche de sites présentant des conditions favorables à son accueil...

Des opérations de réintroduction

Si ses populations sont suivies depuis de nombreuses années, ce n’est qu’en 2016 qu’a eu lieu la première réintroduction de la Marsilée sur la commune de Montrelais (Loire-Atlantique). Cette année, la seconde tranche de ce programme de réintroduction a eu lieu à Ingrandes-sur-Loire (Maine-et-Loire), sur une boire à quelques kilomètres en amont.

L'opération concertée a été encadrée par les services de l’État. Un dossier opérationnel de réintroduction a été présenté au Conseil national pour la protection de la nature, qui a reçu un avis favorable. L’espèce étant protégée, ce type d’opération doit être autorisée et faire l’objet d’arrêtés préfectoraux permettant son transport et sa manipulation. L’opération de réintroduction a bénéficié également du soutien financier de l’Etat, du Conseil régional des Pays de la Loire et de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

Un programme de suivi est prévu pendant une durée de 10 ans.

En savoir +

Contact

Cécile Mesnage
Chargée d'études flore et habitats
Conservatoire botanique national de Brest
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Les conservatoires botaniques nationaux de Bailleul et de Brest publient, avec un réseau de partenaires, la première liste de plantes vasculaires exotiques envahissantes pour la région Normandie.

Contexte

Les acteurs institutionnels, techniques et scientifiques se mobilisent en Normandie :

  • la Région s'est engagée dans une nouvelle stratégie régionale relative aux espèces exotiques envahissantes pour la période 2018-2020,
  • les conservatoires des espaces naturels Normandie-Seine et Normandie-Ouest animent le Programme régional d'actions relatif aux espèces exotiques envahissantes
  • les conservatoires botaniques nationaux de Bailleul et de Brest ont été identifiés comme "référents flore" pour la connaissance et la mise en évidence des enjeux liés aux espèces végétales exotiques envahissantes de Normandie.

Afin de mettre en évidence les priorités régionales pour la gestion des plantes vasculaires exotiques envahissantes, ils ont travaillé de concert pour produire une première liste régionale, en partenariat avec la DREAL, la Région et l'Agence de l'eau Seine-Normandie.

Vasculaires ? Ce sont les plantes à fleurs et les fougères.

Objectifs de cette première liste

Il s'agit d'une liste provisoire opérationnelle, dans l’attente de la publication d'une méthode nationale pour les listes régionales de plantes vasculaires exotiques envahissantes. Elle met en évidence les plantes prioritaires et/ou les localités prioritaires et facilite ainsi la mise en place d’actions de gestion, de connaissance, d’information et de sensibilisation.

Cette liste a été réalisée à partir des deux listes existantes avant la réunification de la Normandie (Buchet et al., 2015 et Waymel et al., 2016).

En chiffres

117 espèces évaluées dont :

  • 33 espèces invasives avérées,
  • 35 espèces invasives potentielles,
  • 4 espèces désignées à "enjeu sanitaire" par l'Agence régionale de Santé de Normandie.

A noter : 11 espèces végétales de la liste nationale (2019) sont présentes en Normandie et 12 autres espèces végétales n'ont pour le moment pas été signalées ni en Basse-Normandie ni en Haute-Normandie. La vigilance s'impose.

Parmi les priorités

10 espèces doivent bénéficier d'une mise en place d'actions prioritaires :

  • Ambroisie à feuille d'armoise
  • Ambroisie à épis lisses
  • Berce du Caucase
  • Crassule de Helms
  • Egérie dense
  • Grand lagarosiphon
  • Hydocotyle fausse-renoncule
  • Jussie à grandes fleurs
  • Jussie rampante
  •  Myriophylle du Brésil

En savoir +

Références bibliographiques des anciennes listes

Contact

Juliette Waymel
Chargée d'études flore
Antenne Normandie-Caen
Conservatoire botanique national de Brest
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