Le Panicaut vivipare figure parmi les plantes les plus rares et les plus menacées d'Europe. En France, il n’existe plus que dans une seule station située à Belz dans le Morbihan. Entre 2012 et 2018, le CBN de Brest a coordonné la mise en œuvre d’un Plan national d’actions (PNA) en faveur de la préservation et de la restauration de l’espèce. Les actions mises en œuvre ont permis de faire progresser les connaissances de la biologie et de l’écologie du Panicaut vivipare et de conforter le réseau d’acteurs œuvrant pour la préservation de l’espèce.
Contexte
Panicaut, Quézaco ?
Contrairement aux apparences et à son nom ambigu, le Panicaut vivipare (Eryngium viviparum) n’est pas un chardon ! Il appartient à la famille des fleurs en ombelles (apiacées) et ne mesure pas plus de 15 cm. Son feuillage vert bleuâtre fait ressortir ses petites fleurs d’un joli bleu clair qui se développent en ombelles. C'est une plante typique des prairies inondées en hiver et sèches en été.
Une plante menacée d'extinction
Encore présent dans une quarantaine de sites du Pays d’Auray jusqu’au milieu du 20e siècle, le Panicaut vivipare ne survit plus que dans un seul site situé sur la commune de Belz. Il est rare et menacé dans l’ensemble de son aire, en plus de sa station morbihannaise, on recense une vingtaine de stations situées au Nord-Ouest de l’Espagne et au Portugal.
Les raisons sa raréfaction en Bretagne sont multiples : abandon des pratiques agricoles traditionnelles (pâturage, étrépage), artificialisation des sols (urbanisation, creusement de plans d'eau).
C'est grâce au pâturage par un troupeau de vaches Bretonne pie noir qu'il a pu se maintenir à Belz.
Suite à l’arrêt de l’exploitation agricole du site dans les années 1980, l’association Bretagne vivante a repris la gestion du site abritant la dernière population morbihannaise. Cette action de conservation permet aujourd’hui, après plusieurs années de fluctuations du nombre d’individus, d’observer une augmentation de sa population, comptant un peu plus de 10000 individus (estimation 2016) repartis sur moins de 1000 m².
Le Plan national d'actions (PNA) en faveur du Panicaut vivipare, validé par le ministère en charge de l'Environnement et le Conseil national pour la protection de la nature, dresse alors un état des lieux des connaissances pour la France et propose un certain nombre d’actions pour sauvegarder l’espèce et son milieu de vie et renforcer sa population. Il prolonge et renforce des actions portées depuis les années 1980 par Bretagne vivante, le Conservatoire botanique, les opérateurs Natura 2000, le Département du Morbihan et la Région Bretagne, sur le site de Belz et d’autres sites potentiels pour l’espèce.
Objectifs du Plan national d'actions 2012-2018

Préserver
- Conforter durablement le site de Belz : élargir le site en y intégrant les landes présentes à proximité, mettre en place une gestion et une protection durable de cet ensemble naturel
- Créer un réseau de sites refuges pour que la population française du Panicaut vivipare ne se limite plus à une seule station : restaurer les zones humides favorables en se basant sur le réseau des sites historiques et réintroduire l'espèce dans certains de ces sites
Etudier
- Améliorer les connaissances sur le contexte écologique de la station actuelle et des stations historiques
- Comparer les populations de Belz aux populations ibériques : écologie, morphologie, génétique
- Etudier sa biologie de reproduction
Informer et sensibiliser
- Auprès du grand public et des acteurs territoriaux : réunions d'information, sorties nature, communiqués de presse...
- Auprès des spécialistes : colloques scientifiques, articles scientifiques...
Deux films pour découvrir l'espèce et les acteurs de sa préservation
N°1 "Histoire végétale : le Panicaut vivipare (Eryngium viviparum)"
Un petit film pour découvrir en 2 minutes l'histoire de cette plante originale
N°2 "Regards d'acteurs : la préservation du Panicaut vivipare (Eryngium viviparum)"
Un film de 8 minutes qui donne la parole aux acteurs qui oeuvrent pour la préservation de cette espèce rare.
Il explique les techniques et les méthodes scientifiques déployées dans le cadre du Plan national d'actions.
Résultats du Plan national d'actions 2012-2018
Le Plan national d’actions 2012-2018 a permis de faire progresser les connaissances de la biologie et de l’écologie du Panicaut vivipare, notamment grâce à la thèse de Pauline Rascle.
Le réseau d’acteurs œuvrant pour la préservation de l’espèce reste dynamique, le Plan national d’actions a contribué à mieux coordonner les actions menées par chacun.
La situation de l’espèce sur sa dernière station naturelle s’est améliorée, la population de Panicaut vivipare y est en augmentation depuis la mise en place d’une gestion par pâturage.
Le réseau de sites refuge a été consolidé par la poursuite des acquisitions foncières et la mise en œuvre de mesures de restauration et d’entretien. Des tests de (ré)introduction ont été menés sur quatre sites.
Le bilan complet du Plan national d’actions 2012-2018 :
• Bilan du Plan national d'actions en faveur du Panicaut vivipare 2014-2018
• E.R.I.C.A. n°33, 2019, "Plan national d'actions en faveur du Panicaut vivipare : bilan et perspectives"
Vers un second Plan national d'actions
Suite à la présentation du bilan du Plan national d’actions 2012-2018, l’élaboration d’un second Plan national d’actions a été encouragée par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne et le Conseil national de la protection de la nature.
Ce second plan a été validée en 2022.
Partenaires financiers et techniques du PNA 2012-2018
- Bretagne vivante
- Ministère de la Transition écologique et solidaire
- Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Bretagne
- Agence de l'eau Loire Bretagne
- Conseil départemental du Morbihan
- L'Arche aux plantes
- Syndicat mixte de la Ria d’Etel
- Commune de Belz
- Pierrick le Hen, éleveur
- Université de Bretagne Occidentale - Laboratoire EA Géoarchitecture - TUBE
- Université de Montpellier - Laboratoire ISEM
- SIVU Grand Site Gâvres-Quiberon
- Alignement de Carnac - Centre des monuments nationaux
- Conseil régional de Bretagne
- Pays d’Auray
- Commune de Ploemel
- Commune de Carnac
- Commune de Plouharnel
- IBADER - Instituto de Biodiversidade Agraria e Desenvolvemento Rural (Saint-Jacques-de-Compostelle)
Contact
Marion Hardegen
Responsable antenne Bretagne
Conservatoire botanique national de Brest
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En savoir plus
Plan national d'actions en faveur du Panicaut vivipare 2012-2017
Bilan du Plan national d'actions en faveur du Panicaut vivipare 2014-2018




















De 2018 à 2020, le Conservatoire botanique s'est engagé, avec 10 autres partenaires financiers, dans un grand programme de cartographie régional et mutualisé permettant de visualiser la répartition de 27 grands types de végétation à l'échelle de la Bretagne administrative.

Entre 2019 et 2020, le Conservatoire a évalué la responsabilité de la Bretagne et des sites Natura 2000 pour la conservation des habitats d’intérêt communautaire. Ce travail, répondant à un besoin exprimé par la DREAL et les chargés de mission Natura 2000, devrait aider à évaluer et prioriser les actions de gestion tant au niveau local qu'au niveau régional. Il repose sur des connaissances acquises ces vingt dernières années par le Conservatoire et permet de replacer la responsabilité de la région dans un cadre national et européen.